la construction d’une mémoire autour de Laure GATET depuis 1945.

 

 

De l’angoisse de la disparition, à la certitude de la mort de Laure Gatet

 

A partir d’avril 1945, les témoignages des rares survivantes qui rentrent en France ne laissent plus de doutes pour les proches de Laure qui se rendent à plusieurs reprises à Paris, à l’hôtel Lutetia où arrive chaque déporté survivant de retour en France. Aucun avis officiel des autorités allemandes n’a été adressé à la famille pour les informer de la mort de Laure en février 1943.

 

Des honneurs militaires à ceux de la République

 

Dès les premières années qui suivent la Libération, l’engagement de Laure GATET dans la résistance est reconnu officiellement par les autorités militaires et civiles françaises. Les hommages publics se succèdent jusqu’aux années 1950 dans un contexte fortement marqué par la volonté officielle de célébrer la Résistance, ses « héros », ses « martyrs ».

 

Par une décision du 8 mars 1946, du Général de Gaulle, président du GPR, Laure GATET est décorée à titre posthume de « la croix de guerre 1939 avec étoile de vermeil »avec citation à l’ordre du corps d’armée à titre posthume.

Cette reconnaissance est même internationale. Dès mai 1946, « un certificat de service » délivré par le Maréchal MONTGOMERY vient rappeler l’engagement de Laure GATET aux cotés des alliés et « son sacrifice pour que l’Europe reste libre ».

L’année suivante, par un arrêté du 24 mai 1947, le ministre de la guerre prononce « l’homologation au grade de sous lieutenant au titre posthume » de Laure GATET, « morte pour la France en février 1943 ».

Neuf ans plus tard, le 10 novembre 1955, par décret du président de la République René COTY, Laure GATET est nommée à titre posthume dans l’ordre de la Légion d’honneur. Les citations comportent : l’attribution de la croix de guerre avec palme, l’attribution de la médaille de la résistance.

 

La reconnaissance du statut de déportée résistante

 

Dans le contexte difficile des premières années qui suivent la Libération, la famille GATET entreprend plusieurs démarches pour attester et obtenir la reconnaissance officielle du sacrifice de Laure.

En vertu des lois adoptées à la Libération, la famille doit fournir des preuves de sa déportation. Ces dernières sont d’autant plus difficiles à obtenir que les survivantes du convoi du 24 janvier 1943 sont peu nombreuses.

Le 9 février 1946 une attestation de la fédération nationale des déportés et internés est finalement délivrée. Elle certifie sur l’honneur que Laure GATET a été déportée au camp d’Auschwitz à la date du 23 janvier 1943 et qu’elle est décédée à ce camp « fin février 1943 ».